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La tyrannie du court terme. Quels futurs possibles à l'heure de l'anthropocène ?

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Le livre de Jean-François Simonin interroge la dépendance des démocraties libérales vis à vis du court-termisme, qui nous rend incapable de faire face aux défis climatiques et environnementaux... Le capitalisme pourra-t-il être réformé en profondeur, ou mieux, dépassé, si l'on reste prisonnier du court-terme ?

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Ce livre interroge : pourquoi le temps long, qui est progressivement devenu la norme dans le monde physique, végétal et animal, s’applique-t-il de plus en plus difficilement aux affaires humaines ? Si nous savons maintenant que nous sommes entrés dans l’ère de l’anthropocène, pourquoi restons-nous incapables de comprendre comment y vivre durablement ?

Cet essai explique à quel point la tyrannie du court terme à l’oeuvre dans les démocraties libérales entraîne l’exploitation et la destruction du monde. Quelque chose s’est détraqué dans la pensée occidentale, qui la rend à présent incapable de s’insérer dans le temps long. Nous feignons de croire à une prétendue destruction créatrice pour nous autoriser toutes les provocations avec les limites de la biosphère. La mondialisation, la financiarisation et la numérisation font émerger un colonialisme d’un genre nouveau : le colonialisme du futur, qui se manifeste via l’intelligence artificielle, le « big data », le transhumanisme, la géoingénierie… Un futur préempté par les plus grands acteurs de la mondialisation, un futur qui exclut la majorité des citoyens du monde, dès leur naissance.

Paradoxalement, l’instauration d’un temps universel maintenant étendu à toute la surface du globe, aboutit à une survalorisation du présent. Il a occasionné de formidables synchronisations des activités humaines, mais il a aussi désynchronisé le rythme de nombreux peuples par rapport à leurs repères traditionnels dans leur nature et leur culture. Il a donc, paradoxalement, engagé l’humanité dans une guerre des temps d’un genre nouveau.

Cet essai décrypte ce phénomène sous un angle original, au croisement des questionnements philosophiques, stratégiques et politiques.

Il propose deux pistes pour s’extraire du déni du temps long. D’abord la reprise en main de la construction du futur ; c’est la tâche prioritaire du politique au xxisiècle, une question de survie à l’ère de l’anthropocène. Puis l’idée d’une nouvelle responsabilité prospective, qui pourrait se substituer au « progrès » et initier un nouveau projet de civilisation, profondément alternatif, permettant d’éviter effondrements ou explosions.

Ce livre s’inspire ouvertement de plusieurs penseurs qui ont semé les germes de cette idée de responsabilité prospective, depuis près d’un siècle, dans différents domaines. Il expose en annexe leurs principales intuitions en ce sens.

Editions Utopia. 230 pages. Parution octobre 2018.

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